Petit lexique de la grossesse

Aménorrhée : signifie l'absence de règles. L'avancement d'une grossesse se calcule en semaines d'aménorrhée (SA), soit le nombre de semaines passées depuis la date des dernières régles. Pour connaître le nombre de semaines de grossesse (soit depuis l'ovulation), il suffit d'enlever deux semaines. 

Analyses sanguines : pendant la grossesse, vous serez amenée à faire au moins deux bilans sanguins et peut-être même davantage si vous n'êtes pas immunisée contre la toxoplasmose.

Bouchon muqueux : glaire cervicale (mucosités qui ferment le col de l'utérus) protégeant le fœtus des germes extérieurs. Lorsque vous perdez cet épais bouchon muqueux, c'est le signe que le corps se prépare. Mais pas de précipitations, cela peut se produire plusieurs jours (voire semaines !) avant le début du travail. 

Colostrum : il s'agit du premier lait produit dès la deuxième moitié de la grossesse et jusqu'à la montée de lait, 48 à 72 heures après l'accouchement. 

Constipation : ralentissement du transit intestinal lié à la grande quantité d'hormones produites pendant la grossesse, qui relâchent le muscle intestinal. La constipation peut provoquer des infections urinaires et favoriser la présence d'hémorroïdes. Une bonne hygiène de vie est nécessaire : buvez beaucoup d'eau (1,5 litres d'eau par jour), consommez des fibres (fruits, légumes verts, pain complet) et faites un peu d'exercice chaque jour. Ne prenez aucun laxatif sans avis médical

 Contractions : il s'agit en réalité de la contraction de l'utérus, c'est-à-dire que le ventre devient dur pendant 30 à 60 secondes. Ces contractions sont fréquentes au cours de la grossesse mais elles ne doivent pas excéder le nombre de 10 à 15 par jour avant le 9ème mois. Elles peuvent survenir lorsque vous êtes fatiguée, en cas de long trajet en voiture, si vous avez été debout longtemps ou que vous avez eu une grosse journée : si le repos ne suffit pas à les faire passer et que votre grossesse n'est pas proche du terme, contactez votre maternité. En revanche, lorsque la date du terme est proche, cela signifie que la naissance de votre bébé approche

Césarienne : il s'agit d'une alternative médicale à l'accouchement par les voies naturelles. Elle peut être décidée par votre gynécologue-obstétricien avant l'accouchement ou lors du travail, en cas de souffrance foetale ou maternelle, si votre col ne parvient plus à s'ouvrir ou si votre bébé ne parvient plus à progresser dans votre bassin. Elle s'effectue sous anesthésie loco-régionale au bloc opératoire (ou sous anesthésie générale en cas d'urgence). Ce n'est pas parce que vous déjà eu une césarienne que vous en aurez forcément une seconde !

Désir : les hormones de grossesse peuvent jouer sur votre libido. Sauf contre-indication médicale, vous pouvez avoir une vie sexuelle épanouie et épanouissante jusqu'à l'accouchement. 

Diabète gestationnel : dû aux bouleversements hormonaux de la grossesse, il se traduit par un excès transitoire de sucre dans le sang. Il est diagnostiqué soit par une prise de sang à jeun, soit après l'ingestion d'une boisson sucrée suivie par trois prises de sang afin d'évaluer votre capacité à assimiler ce sucre. Il réclame une surveillance médicale régulière (rendez-vous chez un diabétologue, surveillance pluriquotidienne de la glycémie, régime alimentaire, voire injection d'insuline) car il peut avoir des conséquences sur votre bébé : excès de liquide amniotique, poids élevé, risque d'hypoglycémie à la naissance.

Dos (mal de) : la prise de poids et l'accentuation de la cambrure de votre dos pour compenser le poids du ventre favorisent certaines douleurs de la colonne vertébrale. La natation (hors brasse) ou le port d'une ceinture adaptée peuvent vous soulager. 

Episiotomie : il s'agit d'une incision du périnée pratiquée par le médecin ou la sage-femme en fin d'accouchement, lors de l'expulsion du bébé. Réalisée fréquemment il y a quelques années encore, elle n'est aujourd'hui réalisée que dans le cadre d'une urgence pour vous ou votre bébé.

Fièvre : on parle de fièvre lorsque votre température est supérieure ou égale à 38°C ou plus pendant au moins 24 heures. Il est alors impératif de contacter votre maternité ou votre sage-femme.

Forceps : ces deux grandes “cuillères” sont utilisées pour aider la tête du bébé à sortir lorsque l'accouchement se prolonge, si la maman est trop fatiguée pour pousser ou en cas de souffrance fœtale. Ce geste, parfaitement codifié, est effectué par l'obstétricien. 

Hauteur utérine : la distance comprise entre le pubis et le fond utérin est mesurée avec un mètre de couturière par le médecin ou la sage-femme lors de chaque visite mensuelle. Elle permet d'apprécier le bon développement du fœtus.

HCG : Hormones Chorionique Gonatrophique. C'est une hormone sécrétée par le placenta dès le début de grossesse : c'est à cette hormone que sont sensibles les tests de grossesse. 

Hémorroïdes : ce sont des varices situées au niveau de l'anus ou du rectum. Elles peuvent survenir quand on attend un bébé et s'aggraver à l'effort pendant l'accouchement. Dues à des problèmes circulatoires, elles provoquent des démangeaisons, des gênes et des petits saignements. La meilleure prévention consiste à lutter contre la constipation et à se nourrir sainement (évitez les mets épicés et le café). Un traitement local, sur prescription, peut vous soulager. 

Hypertension : la tension artérielle de la future maman est surveillée systématiquement lors des visites mensuelles. Une hausse de la tension artérielle nécessite beaucoup de repos, un traitement adapté et un suivi plus régulier. En cas de maux de tête persistants et/ou d'une survenue brutale d'œdèmes (rétention d'eau), vous devez consulter sans tarder (même en l'absence d'hypertension lors de votre contrôle précédent). 

Infection urinaire : se manifeste par des brûlures en urinant ou des envies répétées d'aller uriner pour "quelques gouttes". Elle peut être accompagnée de fièvre ou de douleurs dans le bas du dos. Il ne faut pas la négliger car elle peut toucher le rein et provoquer un accouchement prématuré. Des antibiotiques peuvent vous être prescrits en cas de besoin. 

Insomnie : les transformations de votre corps et l'approche de la venue du bébé amènent souvent à un sommeil fractionné les derniers mois. Si vous vous réveillez et ne pouvez vous rendormir, levez-vous : lisez, mangez un peu… N'oubliez pas qu'une bonne nuit, ça se prépare. Dînez léger pour bien digérer, relaxez-vous avant d'aller au lit, évitez les écrans au moins une heure avant d'aller vous coucher. Si vous avez la possibilité, n'hésitez pas à faire une sieste dans la journée. N'absorbez aucun somnifère sans avis médical.

Jambes lourdes : ce phénomène désagréable s'explique par l'augmentation du volume sanguin et le ralentissement du retour veineux vers le cœur. Le port de bas (ou de chaussettes) de contention dès le début de la grossesse permet de prévenir le phénomène. Un exercice tout simple pour vous soulager : faire quelques rotations des chevilles plusieurs fois par jour. Prenez aussi l'habitude de dormir les jambes légèrement surélevées. 

Kilos : en moyenne une future maman “prend” 10 à 12 kg tout au long des neuf mois. Parmi ces kilos, il faut compter le poids du bébé (en moyenne 3 à 3,5 kg à terme) mais également le poids du placenta (1/6 ème du poids du bébé), du liquide amniotique (entre 1 litre et 1,5 litres) et de l'utérus qui peut peser jusqu'à 1 kg en fin de grossesse. Pour contrôler votre poids, continuez à manger sainement et à faire de l'exercice. Surtout ne tombez pas dans le piège de “manger pour deux” !

Listeriose : infection causée par une bactérie, la listeria, qui passe la barrière du placenta et menace la santé du fœtus. La bactérie est présente dans le lait, les légumes crus mal lavés, les charcuteries ou encore dans la viande pas assez cuite. Par précaution, veillez à ne pas rompre la chaîne du froid et nettoyez régulièrement votre réfrigérateur à l'eau de javel. L'infection présente les mêmes symptômes que la grippe (frissons, forte fièvre) et doit vous faire consulter le plus rapidement possible

Malaise : il est caractérisé par des évanouissements et des sueurs froides. En cas de malaise, vous devez vous allonger et surélever vos jambes afin que le sang afflue vers la tête. Vous pouvez également vous mettre sur le côté gauche pour éviter que l'utérus ne comprime la veine cave inférieure (elle assure la circulation de retour du sang vers le cœur). En prévention, et dans tous les cas, ne restez jamais à jeun et évitez les pièces surchauffées. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme. 

Masque de grossesse : ces tâches irrégulières, grisâtres ou brunes, apparaissent sous l'action des hormones et sont aggravées par les rayons ultraviolets. Eté comme hiver, évitez de vous exposer au soleil et protégez-vous avec un écran total. Le masque disparaît en partie après la naissance. 

Médicaments : ils sont tous potentiellement dangereux, n'en prenez aucun sans avis médical ! Ils peuvent menacer la santé de votre bébé et provoquer des malformations. Seul un médecin ou votre sage-femme peut vous en prescrire. 

Membranes : elles forment la poche des eaux qui contient le liquide amniotique. Elles sont constituées d'un sac externe, appelé chorion, et d'un sac interne, appelé amnios. 

Monitoring : pendant la grossesse, le travail et l'accouchement, cet appareil surveille le rythme et la durée des contractions utérines ainsi que les battements du cœur de votre bébé. Il permet de dépister une anomalie des contractions (trop ou pas assez de contractions) ou une souffrance fœtale.

Mycose vaginale : cette infection très fréquente est provoquée par un champignon, le Candida Albicans. Les symptômes sont des pertes blanches plus abondantes ou odorantes, des démangeaisons et des sensations de brûlures en urinant. Consultez votre médecin généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme. Un traitement local peut vous être prescrit ainsi que des probiotiques. 

Nausées : elles sont fréquentes, mais pas systématiques, en début de grossesse. Sensation de “mal au cœur”, sensibilité aux odeurs, vomissements… sont dus aux bouleversements physiologiques, psychologiques et hormonaux. Pour vous aider à les faire passer : fractionnez vos repas, ne restez pas à jeun, préférez les aliments solides, buvez de l'eau gazeuse. N'hésitez pas à en parler au professionnel qui suit votre grossesse. 

Pelvimétrie : radiographie réalisée en fin de grossesse pour dimensionner les os du bassin. Cet examen, prescrit par votre gynécologue, peut être nécessaire pour décider de la voie d'accouchement dans certaines situations : bébé en siège, utérus cicatriciel (si vous avez déjà eu une césarienne).

Péridurale : analgésie loco-régionale qui permet d'atténuer la douleur des contractions du travail, voire de l'accouchement. 

Placenta prævia : le placenta est dit prævia lorsqu'il est inséré vers le bas de l'utérus. S'il ne remonte pas vers le fond utérin au fil des semaines, les contractions peuvent provoquer des saignements ou décoller le bord du placenta. Une surveillance médicale s'impose ainsi que du repos. Si le placenta recouvre le col, il est dit “recouvrant” et peut faire obstacle à une naissance par voie basse : une césarienne est alors inévitable. 

Poche des eaux : quel que soit le terme de votre grossesse, si la poche des eaux se rompt ou se fissure, vous devez vous rendre à la maternité, de jour comme de nuit. Vous êtes placée sous surveillance médicale car un risque infectieux existe. La rupture de la poche des eaux (ou des membranes) ne s'accompagne pas systématiquement de contractions.

Saignement : cela peut arriver en cours de grossesse, mais toute perte de sang doit systématiquement être signalée à votre médecin ou à votre sage-femme.

Salmonellose : infection à la bactérie Salmonella qui, chez la femme enceinte, peut entraîner de lourdes complications. Pour éviter la salmonellose, il est essentiel de suivre les conseils de conservation et de respecter les dates limites de consommation des œufs et des produits laitiers. 

Seins : sous l'influence des hormones, ils sont lourds, tendus, sensibles et parfois douloureux. Ce sont souvent les premiers indicateurs d'une grossesse. Choisissez des soutien-gorge qui s'adaptent à l'évolution de votre poitrine. Ils ne doivent pas la comprimer. 

Sport : avoir une activité physique durant votre grossesse est recommandé. Toutefois, veillez à adapter vos exercices et leur intensité à votre état de fatigue en évitant tout risque de choc ou de chute. Bannissez les sports violents en leur préférant ceux qui privilégient la respiration et la relaxation (natation, marche, yoga, …)

Toxoplasmose : maladie infectieuse due à un parasite, le Toxoplasme. La toxoplasmose peut se contracter en consommant de la viande contaminée mal cuite, des crudités mal lavées, de l'eau souillée ou si l'on est en contact avec des excréments de chat (s'il est chasseur). En général, la toxoplasmose n'entraîne pas de symptômes et peut passer inaperçu mais en cas de séroconversion (première infection durant la grossesse), elle peut provoquer des complications fœtales. Si vous n'êtes pas immunisée, vous devrez faire une prise de sang tous les mois pour vérifier que vous ne vous immunisez pas durant votre grossesse. 

Vergetures : lésions de la peau qui résultent de la rupture des fibres élastiques de l'épiderme sous l'effet d'un étirement trop important de la peau ou d'une modification hormonale. Elles apparaissent principalement sur le ventre, les seins, les hanches, les cuisses et les fesses. D'abord rouges et violacées, elles s'atténuent avec le temps en prenant une teinte nacrée, blanche. Certaines femmes sont plus prédisposées à en avoir que d'autres. S'il n'existe pas de remède miracle, vous pouvez prévenir/limiter leur apparition en nourrissant constamment la peau à l'aide de massages et de crèmes ou huiles. Hydratée et relaxée, la peau s'assouplit et se détend. Moins étirée et en évitant une prise de poids trop importante, elle risque de moins se “fissurer”. 

Voiture : attention aux longs trajets. Si vous ne pouvez les éviter, bouclez toujours votre ceinture de sécurité (une sangle au-dessus du ventre, l'autre en dessous) sans la serrer. Faites une pause tous les 100 kilomètres et délassez-vous. Ne conduisez pas si vous êtes sujettes aux malaises. Si possible, placez-vous à l'arrière et allongez les jambes. A partir du 7ème mois, prenez l'avis de votre professionnel de santé avant de voyager en voiture.